Le Château


Bailleulmont, ruines du château-fort

Un haut pan de mur écrêté dont l'étrange silhouette se découpe à l'arrière d'un rideau d'arbres... voilà tout ce qu'offre de repère dans le paysage, l'ancien château-fort de Bailleulmont. S'approchant des ruines, un terrain vallonné se dévoile, uniformément enherbé : creux des douves sèches entourant l'arrondi d'une motte féodale, un périmètre se matérialise, difficile au-delà d'imaginer ce à quoi pouvait ressembler la forteresse.

 

 

En 1731, le Père Ignace en fait ainsi état :

 

"La grosse et la plus haute tour du château étoit encore en son entier quant à sa masse extérieure et à ses murailles, sans aucune couverture. Elle va jusqu'au fond du fossé. Elle est ronde et fait une saillie considérable à l'angle où elle est située. Elle avoit encore plus de 100 pieds de haut (environ 30 mètres). La tour n'a plus rien en dedans, ni escalier, ni chambre ; on y voit que des vestiges. Le haut est chargé de ronces, et le tout rend ruine (...) Elle avoit trois étages et des cheminées en chaque chambre. On remarque les traces de feux, dont le foyer en tuiles est très usé. Dans l'épaisseur des murailles, on voit à chaque étage des réduits ou petits cabinets éclairés chacun d'une fenêtre évasée en dedans et fort étroite à l'extérieur. Il y en avoit quatre à chaque étage. Elles ont cinq pieds de hauteur (environ 1,5 mètre), trois de large (environ 90 centimètres). L'épaisseur de la muraille de ces réduits n'est pas moins de trois pieds (environ 90 centimètres). On lisoit encore en l'an 1733 ces mots gravés sur la muraille de la place basse - Soyez-nous, Seigneur, la tour de forteresse, contre la face des ennemis - ".

 

Bailleulmont, ruines du château-fort

Vers 1870, à l'occasion de déblais pratiqués au pied de la grosse tour du château, on retrouva des canons d'arquebuses, des fusils de remparts ainsi que quelques pommeaux et lames d'épées. Ces trouvailles, concomitantes à l'édification de l'église, sont probablement à rattacher au besoin en matériaux que celle-ci engendre.

 

 

Les ruines du donjon et la motte féodale ont été inscrits aux Monuments Historiques et bénéficient à ce titre d'une protection en date du 23 avril 1947. 

Bibliographie :

 

 

- HARBAVILLE L. J. : (in) La Picardie, revue littéaire et scientifique - 1857.


- Le GENTIL C. : Le vieil Arras, ses faubourgs, sa banlieue, ses environs. Souvenirs archéologiques et historiques - 1877.